INTERVIEW ATELIER COLOGNE

Yolanda Di Mambro October 28, 2012 0
INTERVIEW ATELIER COLOGNE

Sylvie Ganter et Christophe Cervasel sont les créateurs et fondateurs d’Atelier Cologne, une jeune marque qui offre une série de colognes exclusives. Elles sont vendues en France, aux États-Unis (Neiman Marcus, Bergdorf Goodman), en Suisse (exclusivement chez Globus), en Italie, en Allemagne et dans d’autres pays. Ces deux jeunes créateurs ont inventé la Cologne absolue qui se distingue par une concentration plus élevée que la cologne classique. Les colognes sont toutes fabriquées en France.

Atelier Cologne a été lancé à New York en février 2010. Un an plus tard, le chiffre d’affaires s’élevait déjà à environ un million de dollars. Les Etats-Unis et la France sont les marchés les plus importants, vu qu’ils totalisent chaque année une vente sur trois des parfums vendus dans le monde entier.

J’ai eu l’occasion d’interviewer Sylvie et Christophe dans leur superbe appartement haussmannien à Paris. Ce couple adorable m’a présenté en détail toute la collection d’Atelier Cologne. Ils m’ont emmené dans un voyage olfactif inoubliable. J’adore leurs colognes, la variété de leurs compositions et les histoires qui sont le point de départ de chaque création. Ma cologne préférée? Vanille Insensée.

INTERVIEW ATELIER COLOGNE

Comment est née votre marque Atelier Cologne?

Christophe: La marque est née de notre rencontre. Sylvie et moi, on s’est rencontré il y a six ans, lorsqu’on a commencé à travailler ensemble. Et c’était super. Moi, je me disais qu’elle était super. Je n’avais jamais travaillé avec quelqu’un de si super. Comme collègue de travail, je suis insupportable. Mais Sylvie trouvait que c’était sympa de travailler avec moi. On est tombé amoureux plus tard. Les gens nous demandent si ce n’est pas trop dur de travailler en couple. Non, car nous avons pu tester d’abord si on était compatible. Contrairement à d’autres couples, on a travaillé ensemble avant de se mettre en couple.

Sylvie: On est tombé amoureux parce qu’on aimait travailler ensemble.

Pourquoi avez-vous choisi l’eau de Cologne au lieu du parfum ?

Sylvie: Le point de départ était l’eau de Cologne. Je l’ai toujours portée. Quand j’ai rencontré Christophe, on a découvert qu’on avait les deux une passion pour la cologne. On a fait la liste de toutes les choses qu’on aimait et qu’on avait porté. On est arrivé à la même conclusion, c’est-à-dire qu’on était fou amoureux de la cologne et qu’on ne portait que ça, mais que le premier gros défaut de la cologne était qu’elle ne tient pas. Ça sent bon, c’est frais et vivifiant, mais au bout d’une demi-heure il n’y en a plus. Bien sûr, toutes les bonnes marques de parfum vous diront que c’est normal, qu’il faut s’asperger à nouveau. Mais cela ne nous satisfaisait pas.

Le deuxième problème était le registre olfactif limité. On reste dans la signature du Néroli, petitgrain, lavende etc., mais globalement ils sont dans le même registre. On s’est donc dit : Pourquoi ne pas faire de la cologne avec différentes recettes ? Comme dans le monde du parfum, il existe des choses plutôt fruitées, florales, boisées ou chyprées. Essayons d’ammener toutes ces différentes facettes dans une construction de cologne à base d’agrumes, donc avec beaucoup de fraîcheur.

Pourquoi l’eau de Cologne ne tient-elle pas?

Sylvie: La raison principale est qu’elle est peu concentrée, souvent entre 2 et 4 % d’huiles essentielles, tandis que nos colognes en contiennent 5 à 10 %. En plus, les agrumes sont très volatils. Une construction typique d’eau de cologne est comparable à une pyramide à l’envers: beaucoup d’agrumes au départ, mais pas de fonds ou matières premières lourdes comme la résine ou le bois.

Contrairement au parfum, l’eau de Cologne n’a pas une histoire millénaire. Comment est-elle née?

Christophe: L’eau de Cologne a été créée à la fin du 18e siècle, autour de la Révolution française. Selon nos recherches, la première eau de Cologne aurait été créée par un italien, Giovanni Maria Farina, en 1709. C’est drôle qu’on l’appelle eau de Cologne, de la ville en Allemagne, car en realité ça sent l’Italie. Farina était parti vivre à Cologne pour rejoindre son oncle qui avait une pharmacie. Mais il était triste, parce que l’Italie lui manquait. Il a donc créé l’eau de Cologne pour se rappeler tous les matins de son pays.

Il y a 300 ans, le parfum était utilisé pour séduire, comme encore aujourd’hui, et pour dissimuler le fait qu’on ne se lavait pas tous les jours. La plus grande utilisation du parfum était à des fins thérapeutiques, c’est-à-dire pour se protéger des microbes et pour se nettoyer.

Farina a été le premier à créer un parfum très emotionnel. Ce parfum était vraiment pour lui. Il se disait : L’Italie me manque, qu’est-ce qui pourrait me rammener en Italie alors que je vie dans un autre pays que le mien. La mémoire olfactive est le sens le plus fort de l’être humain. Farina a donc créé le premier parfum de l’histoire, vu qu’avant on n’utilisait pas le parfum comme on le fait aujourd’hui avec une connotation aussi emotionelle. Le parfum c’est moi, ma personnalité.

Quand Sylvie est moi avons commencé à travailler sur ce projet, on s’est dit : Ce mot eau de Cologne, c’est fou. Aux Etats-Unis, il veut dire parfum. Si un Américain dit qu’il va s’acheter un parfum, il dira «I’m going to buy a Cologne». En Russie, le mot a également une autre signification.

Orange Sanguine a été votre première eau de Cologne. Pour quelle raison?

Christophe: On s’est dit qu’avec la première, il fallait tapper fort. On s’est posé la question : L’eau de Cologne du troisième millénnaire, qu’est-ce qu’elle doit sentir ? Comme dans toutes nos créations, le point de départ était de penser à un moment précis. C’était aussi un peu un hommage à Farina. Nos colognes évoquent toutes un moment très fort dans la vie. On a donc raconté de petites histoires en français. Pour l’anglais on s’est fait aider par une amie écrivain de New York. Chaque histoire est la base d’inspiration du parfum. On commence par écrire une histoire et ensuite on travaille le parfum et le visuel qui le complète.

On a travaillé sur ce parfum avec Ralf Schwieger qui a d’ailleurs créé L’Eau des merveilles pour Hermès. On lui a présenté tout notre projet et il nous a dit : «C’est intéressant, parce que dans notre secteur, les agrumes sont des ingrédients qui sont peu travaillés.»

Votre eau de cologne Orange Sanguine me rappelle Amalfi.

Christophe: Oui, l’Italie. C’était vraiment notre idée de départ. On adore l’Italie. Farina était italien. En plus, nos familles sont d’origine italienne. On y a donc aussi vu notre destin. D’ailleurs, les meilleurs fabricants de l’huile essentielle d’agrumes se trouvent en Italie. La Bergamote par exemple vient de Calabre. Vous avez aussi dans cette région des sociétés familiales qui travaillent dans le secteur de la parfumerie de luxe.

Qu’évoque Orange Sanguine pour les Américains?

Sylvie: On a lancé la marque à New York. J’ai rencontré les responsables de Neiman Marcus même avant que le projet soit terminé. Ils ont accepté l’idée d’une coopération, à condition qu’on soit présent dans le magasin tous les jours pendant une année. La référence olfactive pour les Américains, lorsqu’ils sentaient Orange Sanguine, ç’était la Floride ou la Californie. L’orange a quelque chose d’universel, elle est reconnaissable. C’est la sensation d’un moment festif – que ce soit l’été, les vacances ou l’hiver avec la fête de Noël. Pour nous c’est un parfum qui nous donne le sourire et la joie.

Christophe: Il y a beaucoup d’énergie dans cette au de Cologne. Elle est très vivifiante.

Cette année, vous avez gagné un prix prestigieux pour Orange Sanguine.

Christophe: Oui, on a reçu le Fifi, le prix des experts de parfum. Le jury était composé de 30 experts et on a gagné contre 80 participants. Nous étions dans la catégorie de la distribution limitée, dans laquelle était aussi Tom Ford. Les 30 experts on fait trois votes successifs. A la fin, on est allé les voir pour leur demander pourquoi nous avions remporté le prix. Il nous ont dit que la raison était tout simplement la mathématique. Les experts avaient voté trois fois et nous avions été selectionnés par tous les experts en premier, deuxième ou troisième choix. A chaque fois, on était dans les top 3.

Sylvie: Je pense que les experts ont aussi reconnu la complexité de la cologne. Quand on sent Orange Sanguine, on a l’impression de sentir quelque chose qu’on connaît déjà, quelque chose de familier, simple. Mais pour arriver à faire quelque chose de très simple, il faut un projet complexe.

Comment avez-vous fait pour lancer votre marque presque simultanément en France et à New York?

On a vécu entre Paris et New York. Sylvie est restée vivre à New York, tandis que je faisais la navette. Pour nous il était important de trouver l’équilibre entre l’Europe et les États-Unis, deux cultures et civilisations qu’on connaît bien. C’est fascinant d’avoir un parfum qui rapproche les deux continents.

En Suisse, les produits d’Atelier Cologne sont vendus exclusivement chez Globus

http://www.globus.ch/de/parfuemerie/aktuell/atelier-cologne.html

 

VIDEO: ATELIER COLOGNE, A LOVE STORY


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VIDEO: ATELIER COLOGNE, UNE HISTOIRE D’AMOUR


Video: EtiketBoutique

VIDEO: ATELIER COLOGNE, MISTRAL PATCHOULI


The new fragrance of Atelier Cologne will be available from January 2013 / Video: EtiketBoutique

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